Le PEA et l’assurance‑vie sont deux des enveloppes les plus populaires en France. Toutes les deux permettent d’investir à long terme avec une fiscalité avantageuse, mais elles ne répondent pas aux mêmes objectifs.
Voyons leurs différences pour choisir l’enveloppe adaptée à ton profil.
PEA et assurance‑vie : tableau comparatif
| Critère | PEA | Assurance‑vie |
|---|---|---|
| Nombre autorisé | Un seul PEA classique par personne | Nombre de contrats illimité |
| Plafond de versement | 150 000 € (225 000 € avec un PEA‑PME) | Aucun plafond réglementaire |
| Supports disponibles | Actions et fonds européens, dont des ETF synthétiques exposés aux marchés mondiaux | Fonds euros et sélection d’unités de compte : ETF, fonds, obligations, SCPI, … |
| Capital garanti | Non | Seulement sur les fonds euros, dans les limites prévues par le contrat |
| Fiscalité avantageuse | Après 5 ans | Après 8 ans |
| Retrait anticipé | Possible, mais clôture du plan avant 5 ans sauf exception | Rachat partiel possible sans clôturer le contrat |
| Frais de gestion | Généralement aucuns frais chez les courtiers en ligne | Frais de gestion annuels |
| Succession | Clôture du plan et intégration à la succession | Capital transmis aux bénéficiaires avec un régime spécifique |
Les différences entre PEA et assurance‑vie
1. Les supports d’investissement
Le PEA est spécialisé dans les actions. Il permet d’acheter des actions et des fonds européens, ainsi que des ETF éligibles répliquant des indices comme le MSCI World, le S&P 500 ou le Nasdaq‑100.
Son univers est donc limité juridiquement, mais il reste largement suffisant pour construire un portefeuille d’ETF actions diversifié.
Tu peux retrouver ma sélection dans l’article sur les meilleurs ETF pour investir.
L’assurance‑vie donne accès à une sélection de supports définie par l’assureur :
- un fonds euros, dont le capital est garanti par l’assureur ;
- des ETF et fonds d’investissement ;
- des fonds obligataires ;
- et, selon les contrats, des supports immobiliers comme les SCPI.
Elle est donc plus polyvalente, mais tu ne peux pas acheter librement n’importe quelle action ou n’importe quel ETF : tu dois choisir parmi le catalogue du contrat.
À l'exception des fonds euros qui bénéficient d’une garantie en capital, tous ces supports présentent un risque de perte en capital.
2. Le plafond de versement
Les versements sur un PEA classique sont limités à 150 000 €. Cependant, cette limite ne concerne que l’argent versé : la valeur du plan peut largement dépasser ce montant grâce aux et aux .
L’assurance‑vie n’a aucun plafond réglementaire de versement. Tu peux également ouvrir plusieurs contrats auprès de différents assureurs pour varier les supports, les frais ou les bénéficiaires.
3. La fiscalité des retraits
Les deux enveloppes présentent une fiscalité avantageuse, mais à des horizons et conditions différents.
Fiscalité du PEA
- Avant 5 ans : un retrait entraîne en principe la clôture du plan. Les gains sont ensuite soumis à la de 31,4 % (sauf option pour le barème progressif).
- Après 5 ans : les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus.
Après 5 ans, tu peux faire des retraits partiels sans fermer le plan et continuer à effectuer des versements, dans la limite du plafond.
Fiscalité de l’assurance‑vie
Un rachat partiel n’entraîne pas la fermeture de l’assurance‑vie, même pendant ses premières années. La fiscalité devient toutefois plus intéressante lorsque le contrat atteint 8 ans :
- tu bénéficies chaque année d’un abattement d’impôts de 4 600 € sur tes gains, ou de 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune ;
- au‑delà de cet abattement, le taux d’impôt sur le revenu peut être réduit à 7,5 % pour la part correspondant aux primes n’excédant pas 150 000 €, sous réserve des règles propres à la date des versements ;
- dans les 2 cas, les gains restent également soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %.
4. Les frais
Chez un courtier en ligne compétitif, un PEA ne comporte généralement aucuns frais de garde ni frais de gestion annuels. Tu paies principalement les frais de courtage à l’achat ou à la vente, ainsi que les frais internes aux fonds.
L’assurance‑vie ajoute une couche de frais en plus des frais propres aux fonds :
- des frais de gestion annuels sur les unités de compte ;
- et parfois des frais sur versement, d’arbitrage ou de sortie.
Cette différence paraît faible d’une année sur l’autre, mais elle peut réduire fortement le capital final sur plusieurs décennies.
Les frais annuels de gestion pour une assurance‑vie s’élèvent généralement à 0,5 % à 1,5 % du montant de ton capital. 1,5 % par an de l’ensemble de ton capital. Pour mesurer cet impact, utilise mon calculateur de frais.
5. La transmission au décès
Le PEA n’est pas transmissible. Au décès de son titulaire, il est automatiquement clôturé et sa valeur rejoint la succession. Les héritiers ne récupèrent donc ni le PEA ni son ancienneté fiscale.
Pour comprendre ce qui arriverait concrètement à ton PEA dans ce cas, consulte mon article PEA et décès.
L’assurance‑vie permet au contraire de désigner librement un ou plusieurs bénéficiaires. Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire peut notamment profiter d’un abattement pouvant atteindre 152 500 €, avant application de la fiscalité spécifique de l’assurance‑vie.
Pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s’applique aux primes, tous bénéficiaires et contrats confondus ; les gains générés par ces primes sont exonérés de droits de succession.
Quelle enveloppe choisir selon ton objectif ?
Pour investir en ETF actions sur le long terme
Le PEA est généralement le meilleur choix.
Il permet d’accéder aux grands indices mondiaux via des ETF éligibles, avec une fiscalité avantageuse après 5 ans et très peu de frais chez les meilleurs courtiers.
L’assurance‑vie permet également d’investir en ETF actions, mais elle est moins compétitive pour ce type de placement notamment à cause de ses frais annuels de gestion.
Si tu n’as pas encore ouvert ton PEA, je compare les frais et services de tous les courtiers dans mon comparatif PEA.
Pour sécuriser une partie de ton épargne
L’assurance‑vie est plus adaptée grâce au fonds euros. Il permet de placer une partie de ton épargne sur un support garanti, tout en conservant des unités de compte plus dynamiques dans le même contrat.
Pour préparer une succession
L’assurance‑vie possède un avantage très net grâce à sa clause bénéficiaire et à sa fiscalité successorale spécifique. Ne rentrant pas dans la masse successorale, elle permet d’organiser plus finement la transmission d’un capital, y compris au profit d’une personne qui n’est pas héritière directe.
Pour retirer régulièrement de l’argent
L’assurance‑vie est plus souple pendant les premières années : chaque rachat partiel laisse le contrat ouvert.
Le PEA devient lui aussi très flexible après son cinquième anniversaire, mais un retrait anticipé entraîne généralement sa clôture.
Récapitulatif
Le PEA et l’assurance‑vie ne sont pas vraiment concurrents, ils sont complémentaires :
- le PEA est avant tout conçu pour investir en actions ;
- l’assurance‑vie est une enveloppe plus polyvalente, particulièrement utile pour sécuriser une partie de ton épargne, diversifier tes placements et préparer ta succession.
Pour une stratégie simple et efficace :
- utilise en priorité le PEA pour tes ETF actions ;
- ouvre une assurance‑vie pour prendre date, accéder au fonds euros et préparer ta succession ;
- répartis ensuite ton épargne selon tes objectifs, ton horizon et le niveau de risque que tu acceptes.